L’éthique appréhendée par le droit médical

par Sylvie Maillard

Collection : Thèses
N° IBSN : 978-2-490610-06-8
15,5 x 24 cm
496 pages

A paraitre

60,00 TTC

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Force est d’admettre aujourd’hui que notre civilisation se projette moins dans la morale que dans l’éthique, jadis chère à Aristote. Cette philosophie morale post-moderne questionne la morale, nous dirions même les morales car le temps d’une morale unique est révolu. Avec l’éthique, il faut s’attendre à du « sang et des larmes ». L’éthique est l’antinomie de la tranquillité. Avec l’éthique, rien n’est figé, tout est sujet à questionnement. L’éthique n’a pas épargné la norme juridique et a déferlé sur toutes les sphères du droit depuis une décennie, particulièrement en médecine.

L’éthique est un questionnement, une obligation de conscience. En médecine, elle sonde la finalité des sciences médicales et la recherche d’un choix de société : quelle médecine pour quelle humanité voulons-nous ? Le droit a accompagné ce processus de questionnement. Pour la norme juridique, la réflexion est collective, organisée, encadrée, institutionnalisée, tenue à la lisière de la loi.

Mais l’usage du mot éthique n’est pas aussi maîtrisé. Le législateur a lié l’éthique à des principes de conduite dans les pratiques, à des exigences. L’éthique semble alors être confondue avec la moralité. Or, il faut garder le cap sur ce qu’est l’éthique : l’éthique est une obligation de conscience, un questionnement que ce soit à titre collectif ou à titre individuel. Utiliser l’éthique à d’autres fins rend le droit illisible. Aussi, ce dernier doit-il s’attacher à « penser l’éthique » pour ce qu’elle est. En ce domaine, des efforts restent à faire car les risques d’illisibilité sont avérés.

PENSER l’éthique, tel est le nouveau défi du droit. L’éthique est une réflexion, un questionnement philosophique de la morale, rien d’autre. Avec l’apparition d’un droit portant sur la réflexion éthique notamment dans le domaine médical, des approximations dans l’usage de cette notion sont observées. La forte attractivité pour ce terme ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’une discipline philosophique aux antipodes de la matière juridique ; l’éthique est tout sauf une norme. Aussi, l’éthique peut devenir un perturbateur de la loi. Elle bouleverse le processus traditionnel de construction de la règle et s’invite parfois à mauvais escient dans la règle elle-même. Le juge n’est pas épargné. L’éthique est citée dans les contentieux, d’où l’intérêt d’en définir précisément les contours. Quelle faute prononcer au nom de l’éthique ? Il est nécessaire et urgent d’en clarifier le sens et d’en limiter l’usage au risque de perdre toute lisibilité de la norme.
 


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